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L’impression 3D au cinéma : costumes, accessoires et animation

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3D ADEPT · AUDIO

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Narration par voix de synthèse.

Clap de cinéma tenu devant une équipe de tournage ; photo d’illustration, Avel Chuklanov / Unsplash
Photo by Avel Chuklanov on Unsplash

Dossier publié en mai 2021. Les exemples évoquent des productions antérieures à cette date et distinguent fabrication d’objets physiques et effets numériques.

L’impression 3D intervient dans plusieurs métiers du cinéma : création d’accessoires, éléments de costume et fabrication de visages pour l’animation image par image. Elle transforme un modèle numérique en objet physique que les équipes peuvent manipuler, ajuster, finir et filmer. Son intérêt dépend du projet, du matériau et des contraintes de tournage.

Distinguer objet imprimé et image numérique

Une image de synthèse est calculée pour apparaître à l’écran. Une pièce imprimée en 3D est fabriquée pour exister matériellement. Les deux peuvent participer au même film, mais des graphismes animés ou une projection en relief ne prouvent pas l’emploi de fabrication additive. La qualité de l’image dépend aussi de l’éclairage, de la prise de vue et de la post-production.

Dans Black Panther (2018), les éléments portés par la reine Ramonda offrent un exemple concret. Julia Koerner décrit la conception du chapeau et du mantelet, à partir des dessins de Ruth E. Carter, puis leur fabrication par Materialise en polyamide PA 12 par frittage laser. Il s’agit d’éléments matériels de costume, et non de l’impression de toutes les tenues du film.

À lire également : les costumes imprimés de Black Panther.

Pourquoi les équipes choisissent-elles l’impression 3D ?

  • Reproduire une forme numérique et en faire évoluer les détails au fil des essais.
  • Adapter un accessoire à un personnage ou à une scène.
  • Fabriquer une série de petites variantes, par exemple des expressions de visage.

Ces possibilités ne suppriment pas le travail artisanal. Assemblage, peinture, ajustage et essais sur le plateau restent à prévoir. Le temps gagné en fabrication doit être comparé au temps de préparation et de finition.

Du modèle numérique à l’accessoire

La conception, la fabrication et l’utilisation à l’image correspondent à des étapes différentes. Leur articulation compte davantage qu’une promesse générale de réduction des coûts.

Un modèle numérique peut servir à visualiser un personnage ou un décor sans jamais être imprimé. Pour fabriquer un objet, il faut en plus préparer une géométrie et un fichier compatibles avec le procédé retenu. La mention d’un logiciel de sculpture ou d’effets visuels ne suffit donc pas à établir qu’une pièce a été produite en fabrication additive.

Pour une pièce personnalisée ou une petite série, l’impression peut éviter certains outillages. Le coût final dépend toutefois du nombre d’exemplaires, de la taille, de la matière, des supports et du post-traitement. Un accessoire porté ou manipulé doit aussi répondre aux besoins de confort, de tenue et de sécurité de son usage.

L’animation image par image chez LAIKA

En stop-motion, l’équipe photographie un objet ou une marionnette dans des positions successives. Leur enchaînement crée le mouvement à l’écran. Des éléments interchangeables permettent de faire varier les expressions.

Chez LAIKA, les visages imprimés en 3D font partie de ce travail de remplacement, notamment pour Coraline, ParaNorman, The Boxtrolls et Kubo and the Two Strings. Les modèles numériques et les pièces physiques sont associés au travail des animateurs.

Le procédé a évolué d’un film à l’autre. Le retour d’expérience de LAIKA rappelle notamment que les visages de Coraline devaient être peints à la main. L’impression couleur et multimatériau utilisée ensuite n’efface pas les autres opérations nécessaires au tournage.

Costumes et accessoires : documenter chaque usage

Les applications ne doivent pas être déduites de l’apparence d’un film. Un costume peut associer textiles, pièces moulées, éléments imprimés et retouches numériques. Pour identifier le rôle de l’impression 3D, il faut préciser la pièce, son fabricant et le procédé, comme dans l’exemple de Black Panther.

L’impression 3D est également un sujet de documentaire. Print the Legend (2014) s’intéresse à la compétition entre entreprises du secteur. Un film consacré à cette industrie est à distinguer d’un film dont les accessoires sont fabriqués avec cette technologie.

Un autre rapport à la projection : Julien Maire

L’artiste français Julien Maire a présenté Relief à iMAL, à Bruxelles, en 2014. Son projecteur Man at Work utilise une suite de formes imprimées en 3D à la place d’une pellicule plane : leur passage devant la lumière anime un personnage en train de creuser. Les formes ont été produites par stéréolithographie. Cette installation artistique explore le support physique de l’image ; elle ne décrit pas une méthode courante de production des longs métrages.

Une technique au service de la mise en scène

L’impression 3D élargit les possibilités de fabrication, sans remplacer l’ensemble des techniques du cinéma. Les cas présentés montrent des usages précis : réaliser un élément de costume, multiplier des expressions ou expérimenter un dispositif de projection. Leur intérêt se mesure à la qualité obtenue pour le projet et à leur intégration dans le travail de l’équipe.

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