Wouter Vandenneucker, passionné de fabrication et d’impression 3D, découvre la fabrication additive dans un fab lab (makerspace). Lors de ses études de bachelier, il est amené à construire un site web pour des PME. C’est à cette période qu’il rencontre Jens Raskin, spécialiste en finances et quelques temps après Kristof Phillipaerts, véritable spécialiste de l’impression 3D.

Tous trois réalisent après analyse, que ces PMEs ont besoin d’assistance dans leurs projets d’impression 3D. Réalisant le potentiel de leurs compétences professionnelles respectives dans chaque secteur d’activité, ils se lancent dans une nouvelle aventure. CR3DO voit ainsi le jour alors que Wouter est encore aux études.

Trois ans plus tard, deux récompenses en poche, CR3DO s’est agrandi et continue sa croissance tout en se positionnant comme une entreprise de services sur le marché de l’impression 3D.

Aujourd’hui, Wouter, un des co-fondateurs, retrace leurs débuts, leurs challenges et met en avant le positionnement de l’entreprise sur un marché où le besoin est réel.

Quelle problématique a donné vie à CR3DO ? 

Notre objectif était de fournir des services d’impression 3D aux PME. Après analyse, nous avons constaté que les PME rencontrent 3 principaux problèmes face à l’impression 3D :

  • Elles ne savent pas toujours quelle technologie et quels matériaux sont disponibles et adaptés à leurs besoins ;
  • Elles ne savent pas toujours comment concevoir une pièce qui peut être fabriquée en utilisant la technologie d’impression 3D. Lorsque vous utilisez la technologie FDM par exemple, vous avez un ensemble de restrictions que vous devez appliquer, que vous n’avez pas lorsque vous utilisez la technologie SLS…
  • Enfin, elles recherchent souvent des collaborateurs qui peuvent les aider à imprimer leurs fichiers.

Notre but était donc de résoudre ces problèmes. Cependant, puisque nous ne disposions pas de tous les types d’imprimantes 3D du marché compte tenu de leurs coûts, l’idée de départ était de mettre les principales parties prenantes en relation : les designers avec des clients qui cherchaient des professionnels pour dessiner ou des clients avec ceux qui pouvaient imprimer. Nous avons essayé de lancer cela en début 2016 mais les résultats n’étaient pas concluants.

Nous avons donc procédé autrement. Nous avions réalisé qu’il y avait 9 secteurs qui étaient portés sur l’impression 3D et nous avons décidé de nous concentrer sur un secteur spécifique : l’architecture.

Aujourd’hui, CR3DO propose donc des services de consultance, de design et d’impression 3D au secteur de l’architecture.

Pourquoi l’architecture ?

Nous avions déjà une bonne connaissance du marché et quelques clients (bureaux d’architecture, développeurs de projets, sociétés immobilières, etc.). Le type de consultance dont une société de marketing aurait besoin ne serait pas le même que celui d’une entreprise de construction.

Nos clients doivent simplement nous raconter une histoire et nous la rendrons réelle. Nous les aidons à transmettre le message qu’ils veulent renvoyer de leur bâtiment.

Quels ont été vos principaux défis ?

Les principaux challenges sont les mêmes que ceux rencontrés par de nombreuses start-ups : le temps et l’argent.

Il n’y a que 24 heures de travail par jour et il y a toujours énormément de travail et vous n’avez qu’une petite somme d’argent … vous devez donc faire des sacrifices sur certaines choses tout en gardant à l’esprit vos objectifs pour l’année suivante. Concrètement parlant, nous aurions dû prendre la décision de nous concentrer sur l’architecture plus tôt ; nous aurions certainement eu plus de marges.

Comment gérez-vous l’impression 3D de toutes ces pièces ? Travaillez-vous en collaboration avec d’autres entreprises ?

Nous avons quelques imprimantes 3D ici et nous travaillons aussi en collaboration avec d’autres entreprises, les plus grandes, materialise, évidemment, et de plus petits partenaires qui ont aussi des imprimantes 3D professionnelles.

Quels sont les points forts de CR3DO en 2017 ?

Depuis que nous avons commencé en septembre 2016 et décidé de choisir l’architecture comme notre cœur de métier, nous avons réellement pris nos marques sur le marché. Nous avons collaboré avec un large éventail de grandes entreprises telles Besix. Notre but était alors de gagner la confiance de nos clients. Maintenant, nous sommes dans la position où 40% de nos clients sont des clients réguliers, cela signifie qu’ils sont satisfaits de notre travail.

Nous commençons également à essayer de combler l’écart entre les modèles 3D physiques d’un côté et la réalité virtuelle de l’autre. Nous croyons que la clé est de rendre les modèles 3D interactifs. C’était l’un des principaux points forts de 2017.

Nous continuerons cette vision cette année, et très bientôt nous sortirons notre premier modèle 3D commercial interactif.

Que pensez-vous alors de l’utilisation de l’impression 3D (de nos jours) en général ?

Au cours des 6 dernières années, le marché des imprimantes 3D a connu un boom médiatique. Les professionnels n’étaient pas convaincus de leur potentiel et pourtant aujourd’hui, les imprimantes sont de plus en plus utilisées dans de nombreux secteurs dont le médical. C’est un écosystème, il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire avec de nombreux types de machines pour différents secteurs d’activité.

Nous voyons enfin l’impression 3D se développer et les acteurs/utilisateurs sont de plus en plus conscients de sa portée et de son potentiel dans les industries.

Quid de la Belgique ?

La Belgique a toujours été une très bonne référence en ingénierie et en technologie. Dans d’autres pays, beaucoup de sociétés de production commencent également à marquer leur territoire, c’est le cas de l’Espagne par exemple.

En ce qui concerne les projets en cours de préparation, la Belgique se positionne comme un « standard » par rapport à ses voisins, l’Allemagne étant bien sûr l’exception. Aux Pays-Bas, ils se concentrent davantage sur les imprimantes 3D, comme hobby. Nous sommes littéralement à la croisée de ces trois injections. Nous savons ce que nous faisons, l’utilité de nos projets dépasse celle de nos pays voisins.

Des attentes pour 2018 ?

Bien sûr, nous voulons toujours grandir. Nous accueillons d’autres talents dans notre équipe, nous avons affiché deux offres d’emploi : l’une concernant la modélisation et l’autre la décoration d’intérieur.

Nous voulons également fournir des solutions à grande échelle. Nous croyons que le les exigences du secteur du bâtiment vont augmenter, c’est pourquoi nous devons améliorer notre solution afin de répondre à cette demande croissante. Plutôt que de garder l’architecture dans son domaine, nous sommes en train de nous développer en commençant à construire des choses à grande échelle dans la présentation des entreprises, avec des solutions vivantes plutôt que des maisons.

Dernier mot ?

En ce qui concerne l’impression 3D dans la construction, nous avons réalisé que 2017 a été une année fantastique. Quand nous regardons la façon dont nous avons commencé cette année, nous remarquons que les choses vont plus vite, ce qui signifie que l’impression 3D dans la construction sera en pleine expansion cette année, et nous sommes impatients de voir ce que 2018 apportera.

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