3D ADEPT

Historiquement, l’écosystème de partage de modèles 3D a toujours été sujet à une utilisation abusive des contenus générés par les utilisateurs. Même si cette lutte semble être sans fin, MakerWorld vient de jouer l’une de ses cartes en lançant le Creator Copyright Program.

Ce programme aide les concepteurs à lutter contre le piratage de leurs modèles 3D. L’initiative formalise un système de signalement et s’associe à des agences chargées de faire respecter la propriété intellectuelle, notamment CopyrightShark et FirstBrave, afin de mener des actions de retrait au nom des créateurs.

Plutôt que de laisser les concepteurs gérer seuls les violations, la plateforme vise à centraliser et à rationaliser l’application de la loi. Cette initiative vise à renforcer la confiance et à rendre l’écosystème plus attractif pour les créateurs professionnels.

Voici le processus

Les demandes de protection des modèles sont soumises via le système de profil de MakerWorld. L’accès est restreint : seuls les créateurs inscrits au programme d’exclusivité de la plateforme peuvent en faire la demande, et la fonctionnalité est encore en phase bêta.

À ce stade, l’éligibilité est limitée aux utilisateurs ayant plus de 300 abonnés, ce qui indique un déploiement contrôlé. La plateforme annonce une expansion progressive, avec des seuils d’entrée plus bas prévus au fil du temps. Actuellement, les créateurs inscrits peuvent soumettre des demandes de protection pour un maximum de 10 modèles exclusifs par semaine.

Si un créateur passe à une réclamation officielle pour violation du droit d’auteur dans le cadre du programme Creator Copyright Program, une vérification supplémentaire est nécessaire. Celle-ci comprend des informations d’identification personnelles et une preuve documentée de la propriété du modèle.

Un tableau de bord dédié permet de suivre les réclamations en cours, ce qui permet aux utilisateurs de télécharger des preuves à l’appui et de suivre l’évolution du dossier. Les exigences en matière de documentation sont prédéfinies et structurées, ce qui suggère une tentative de normalisation des processus d’application plutôt que de traitement informel des litiges.

En cas d’infraction, la charge ne disparaît pas entièrement pour le créateur. MakerWorld ne précise pas clairement quelles plateformes il surveille activement, bien que des exemples tels que Etsy et CraftsMM suggèrent que la portée s’étend au-delà des référentiels de modèles 3D.

Malgré cela, les créateurs sont tenus de signaler d’abord les infractions directement sur la plateforme où ils les ont découvertes. L’inscription au Creator Copyright Program renforce le dossier, principalement parce que les agences externes spécialisées dans la propriété intellectuelle peuvent exercer une pression juridique plus structurée, mais cela ne remplace pas la vigilance initiale du créateur.

En bref, les fabricants doivent toujours documenter, signaler et justifier leurs réclamations. De manière réaliste, le piratage dans la fabrication numérique ne sera jamais totalement éliminé ; cependant, une application structurée et des partenariats crédibles constituent une réponse plus sérieuse qu’une tolérance passive.

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