Evonik est l’un
de ces acteurs qui a presque toujours fonctionné en mode silencieux tout en
franchissant des étapes clés pour aider l’industrie à aller de l’avant.
Reconnue pour sa contribution à l’industrie chimique, la société allemande de
chimie cotée en bourse opère dans la fabrication additive depuis plus de 20
ans.
Au fil du temps,
l’entreprise globale a acquis une grande expertise non seulement dans son
activité principale, qui est la chimie et les matériaux, mais elle a également
développé tout un ensemble de services pour se positionner comme une entreprise
digne de confiance dans l’industrie.
« Affectés à l’activité des poudres, nous avons commencé avec
presque rien. Nous avons vraiment essayé d’apprendre comment ajuster les
matériaux, nous avons beaucoup appris au tout début. Aujourd’hui, ajuster les
matériaux pour obtenir les meilleurs résultats à la fin est devenu une
véritable expertise », a déclaré Sylvia
Monsheimer, notre invitée dans cette série Opinion de la
Semaine.
Ingénieur civil
de formation, Monsheimer travaille depuis 31 ans chez Evonik et depuis 20 ans
dans le segment de marché de la fabrication additive de la société. Cela fait
dix ans qu’elle est responsable du volet économique et commercial. Elle a
littéralement été témoin de toutes les luttes et de toutes les contributions de
l’entreprise au sein de cette industrie.
En tant que responsable du segment de marché des nouvelles technologies
d’impression 3D chez Evonik, elle nous fait part de la compréhension de
l’entreprise en matière d’impression 3D, de ses activités et des développements
actuels sur ce marché.
Les débuts d’Evonik dans l’industrie de la fabrication additive
Il y a environ
vingt-deux ans, Evonik a décidé de se spécialiser dans les poudres pour la
technologie de frittage laser. La société développe et maîtrise plusieurs
méthodes de production de poudres. « Nous pouvons exploiter une seule
technique de production pour chaque application », a déclaré
Monsheimer.
Ce n’est un secret pour personne que, de nos jours, presque tous les matériaux, de la céramique au métal, peuvent être fabriqués par FA. Avec le temps, cela devient la force de l’entreprise et la raison pour laquelle elle est connue, mais elle n’a pas limité ses activités à la production de matériaux. « Nous avons également développé une expertise unique en matière d’additifs tels que les agents de flux », a expliqué Monsheimer. Le maintien d’un comportement d’écoulement libre lors du traitement des poudres est essentiel pour réduire les temps d’arrêt et garantir la qualité et l’homogénéité des produits.
« Ces additifs que nous appelons d’ailleurs des ingrédients magiques sont utilisés pour toutes les technologies d’impression 3D, par exemple PBF, FDM ou SLA. Evonik regroupe ses activités d’impression 3D dans l’un des six domaines de croissance de l’innovation du groupe », a poursuivi la responsable du segment de marché des nouvelles technologies d’impression 3D.

« Outre
l’aspect des matériaux, nous assurons également l’assurance qualité. Nous
pouvons produire des matériaux en grand volume pour fournir toute la branche.
Nous avons des départements d’application. Nous avons différentes machines pour
les applications et pas seulement des développements internes. Nous pouvons développer des produits à faible volume pour
tout ce qui concerne le développement de pièces et d’applications. Si une
entreprise vient nous voir et veut lancer un nouveau produit. Nous sommes en
mesure de soutenir leur projet sur tous les points qui concernent l’industrie
du plastique ».
Le « 3D Screener », un nouvel outil logiciel pour l’impression 3D
Castor,
une start-up israélienne dans laquelle le capital-risque d’Evonik a investi fin
2019, a récemment développé un logiciel d’impression 3D qui vise à conseiller
sur l’opportunité et la manière d’appliquer l’impression 3D. Notre conversation
avec Sylvia Monsheimer a permis d’apporter des précisions sur ce nouvel outil.
Tout d’abord, le
logiciel offre une variété de choix de matériaux et de machines, qu’il s’agisse
de technologies de fabrication additive ou de procédés de fabrication
conventionnels. Le logiciel propose une liste de matériaux qui seraient idéaux
pour une application donnée ainsi que trois options pour sa conception idéale.
Une fois que l’utilisateur a fait son choix, il peut passer aux autres étapes
de la production.
Monsheimer a
déclaré que plusieurs outils peuvent être utilisés pour identifier les pièces
qui conviennent à la fabrication additive. « Il
est difficile de définir des règles spécifiques », a-t-elle déclaré, « car cela dépend de plusieurs facteurs, notamment du type
de technologie de FA ou de la taille de la pièce à fabriquer. En fin de compte,
chaque entreprise doit trouver la voie qui lui convient le mieux, mais chez
Evonik, nous pensons que le logiciel de Castor est l’un de ces outils qui
peuvent faire la différence dans le processus de décision ».
Il convient de
noter qu’une version générale du logiciel contient un large éventail de matériaux
provenant de divers fournisseurs. Toutefois, la version du logiciel qui est
liée au
site web d’Evonik ne contient que la liste des matériaux de l’entreprise.
Evonik et Castor
recueillent actuellement des retours des premiers utilisateurs pour voir s’il y
a des améliorations à apporter mais d’un point de vue technique, le logiciel a
été développé avec des outils d’intelligence artificielle, ce qui signifie que
plus il y aura d’utilisateurs, plus il sera automatiquement amélioré.
Les développements que l’industrie peut attendre en termes de matériaux
Malgré les progrès louables en termes de matériaux dans l’industrie de la fabrication additive, il reste beaucoup d’améliorations à apporter pour favoriser une solide intégration des technologies de la FA dans les différents secteurs. Du point de vue des producteurs de matériaux, le porte-parole d’Evonik est convaincu de la nécessité de développer des matériaux sur mesure pour chaque technologie, d’une part, et de travailler en conformité avec les exigences du client, d’autre part.

Prenant exemple
sur les activités d’Evonik, l’ingénieur civil a expliqué qu’Evonik est à
l’écoute des besoins du marché pour développer des solutions de matériaux sur
mesure. « Les matériaux ignifuges prennent
actuellement de l’ampleur. Nous discutons avec les équipementiers pour voir
quel type de matériaux nous pouvons davantage développer pour l’industrie et
qui dit matériaux ignifuges, fait référence aux matériaux qui peuvent être
utilisés dans les industries de la mobilité et de l’électronique. D’autres
industries, telles que celles du « lifestyle » et du sport, ont leurs
exigences spécifiques. En fin de compte, la réalité montre qu’en fonction des
applications qu’ils souhaitent réaliser, chaque client vient avec son lot de
défis, qui aboutissent plus tard à l’ensemble de solutions matérielles
appropriées. Toutefois, pour l’instant, le post-traitement et les matériaux
ignifuges restent des sujets en vogue ».
Dernières réflexions
Notre
conversation avec Sylvia Monsheimer nous a appris que l’objectif premier
d’Evonik est de développer des matériaux “prêts à l’emploi” de haute
performance qui peuvent répondre aux exigences de diverses lignes
technologiques mais aussi des additifs qui peuvent servir de base à la
production d’autres matériaux d’impression 3D.
Avec une présence
mondiale, Evonik s’est positionné stratégiquement sur l’industrie de la FA. « Le lien d’Evonik avec la FA est plus fort que jamais. La
façon dont Evonik travaille aujourd’hui est différente du procédé qu’elle
appliquait avant », a
déclaré le vétéran de la société.
Pour Monsheimer,
s’il y a une chose que les temps difficiles actuels ont appris au monde, c’est
la maturité des technologies d’impression 3D et leur capacité à augmenter les
besoins de production. Dans ce contexte, le producteur de matériaux n’est pas
resté les bras croisés. A travers son
réseau de partenaires, il a fait don de sa poudre de polyamide 12 pour des
applications médicales urgentes concernant le Covid-19.
« Il est étonnant de voir comment l’impression 3D est mise à profit comme outil de production utile dans cette crise du Coronavirus. Avec le battage médiatique que la technologie a reçu, davantage d’entreprises penseront certainement à cette technologie comme un outil de production viable et nous sommes prêts pour elles », a conclu Monsheimer.
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